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dimanche 12 mai 2019

ADIEU MICHEL



La dernière fois que j'ai dit "Adieu Michel", c'était en 2003 quand ma chatte est morte. Oui elle s'appelait Michel.le. L'écriture inclusive n'existait pas et selon mon humeur l'animal était Michel ou Michelle. À l'époque je savais rire d'un rien. 
Adieu Michel donc. Aujourd'hui adressé à l'animal Houellebecq. Au sortir de son dernier roman Sérotonine je le quitte - c'est d'autant plus facile que Michel s'en fout. Entre nous ça faisait 20 ans quand même... Je ne sais pas si c'est moi qui ai changé ou lui ou les deux. Peut-être juste moi. Michel a toujours été assez dépressif et déprimant. Je n'ai rien contre la déprime (cf le titre du blog), surtout quand elle affecte les autres. Chez Houellebecq elle touche au sublime. À moi, personne n'avait dit le profond de l'homme comme lui. Si crûment. J'avais l'impression qu'il ne se foutait pas de ma gueule. Qu'il me révélait des vérités qu'on me cachait. À 18 ans je n'avais pas encore ouvert ma bibliothèque à Duras, Ernaux et Despentes... 
Et en plus l'auteur est drôle. Si, si, je vous assure. Parce qu'il se moque de lui-même et de ses congénères et ça pour une petite féministe comme moi, c'est sympathique. Pour preuve, cette citation qui de prime abord se veut anti-féminisme (et elle l'est), pour se révéler une critique acerbe du genre humain à pénis et du monde du travail. 
« Pour ma part j’ai toujours considéré les féministes comme d’aimables connes, inoffensives dans leur principe, malheureusement rendues dangereuses par leur désarmante absence de lucidité. Ainsi pouvait-on, dans les années 1970, les voir lutter pour la contraception, l’avortement, la liberté sexuelle etc., tout à fait comme si le « système patriarcal » était une invention des méchants mâles, alors que l’objectif historique des hommes était à l’évidence de baiser le maximum de nanas sans avoir à se mettre une famille sur le dos. Les pauvres poussaient même la naïveté jusqu’à s’imaginer que l’amour lesbien, condiment érotique apprécié par la quasi-totalité des hétérosexuels en activité, était une dangereuse remise en cause du pouvoir masculin. Elles manifestaient enfin, et c’était le plus triste, un incompréhensible appétit à l’égard du monde professionnel et de la vie de l’entreprise ; les hommes, qui savaient depuis longtemps à quoi s’en tenir sur la « liberté » et l’« épanouissement » offerts par le travail, ricanaient doucement. Trente ans après les débuts du féminisme « grand public », les résultats sont consternants. Non seulement les femmes sont massivement entrées dans le monde de l’entreprise, mais elles y accomplissent l’essentiel des tâches (tout individu ayant effectivement travaillé sait à quoi s’en tenir sur la question : les employés masculins sont bêtes, paresseux, querelleurs, indisciplinés, incapables en général de se mettre au service d’une tâche collective quelconque). Le marché du désir ayant considérablement étendu son empire, elles doivent parallèlement, et parfois pendant plusieurs dizaines d’années, se consacrer à l’entretien de leur “capital séduction”, dépensant une énergie et des sommes folles pour un résultat dans l’ensemble peu probant (les effets du vieillissement restant grosso modo inéluctables). N’ayant nullement renoncé à la maternité, elles doivent en dernier lieu élever seules le ou les enfants qu’elles ont réussi à arracher aux hommes ayant traversé leur existence – lesdits hommes les ayant entre-temps quittées pour une plus jeune ; encore bien heureuses lorsqu’elles réussissent à obtenir le versement de la pension alimentaire. En résumé, l’immense travail de domestication accompli par les femmes au cours des millénaires précédents afin de réprimer les penchants primitifs de l’homme (violence, baise, ivrognerie, jeu) et d’en faire une créature à peu près susceptible d’une vie sociale s’est trouvé réduit à néant en l’espace d’une génération. »
À l'époque je savais rire d'un rien. 
Alors s'il est si cool dans sa dépression et son humour, pourquoi le quitter ? Ses provocations ? Ses amitiés douteuses ? Sa légion d'honneur ? Non je me fous de tout ça. L'animal gère sa vie médiatique comme il veut tant que sa littérature m'atteint, me bouleverse, me dérange. Et depuis trois livres, elle m'ennuie. Il y a des fulgurances certes, mais trop peu. La première de Sérotonine est arrivée à la page 316. Sur 347... 
Alors voilà. C'est terminé Michel. Je continuerais malgré tout à dire du bien de toi, comme un ancien amoureux dont on ne peut pas médire car ce serait se médire aussi. 

jeudi 6 décembre 2018

PAR COEUR



Flaque de chagrin sur le parquet. Nuée de psychotropes dans le lit. Carcasse automate dans la ville. S'éloigner du mur que l'on a soi-même construit et derrière lequel s'épanouissent encore des fleurs. L'âme embuée et le corps découragé comme seuls partenaires pour affronter l'hiver.

Entrer dans un théâtre. Apprendre par coeur le sonnet 30 de William Shakespeare.

"Quand je fais comparoir les images passées
Au tribunal muet des songes recueillis,
Je soupire au défaut des défuntes pensées,
Pleurant de nouveaux pleurs les jours trop tôt cueillis.
Des larmes oublieux, mon oeil alors se noie
Pour les amis célés dans la nuit de la mort,
Rouvre le deuil de l'amour morte et s'apitoie
Au réveil sépulcral des intimes remords.
Je souffre au dur retour des tortures souffertes,
Je compte d'un doigt las, de douleur en douleur,
Le total accablant des blessures rouvertes
Et j'acquitte à nouveau ma dette de malheur.
Mais alors si mon âme, Ami, vers toi se lève
Tout mon or se retrouve et tout mon deuil s'achève."

Être quelques minutes pour quelques personnes Cândida, la Velha Senhora et Nadejda. De vieilles femmes qui espèrent et luttent. 
Rentrer chez soi, décorée de l'intérieur et planter les graines pour un nouveau jardin.

dimanche 21 juin 2015

CINQUE TERRE


Rentrer tard d'Italie et se laisser glisser sous une douche. Goûter l'eau salée de la Méditerranée qui s'écoule de ses cheveux. Revivre en quelques minutes le soleil, la chaleur, les pâtes au pesto, les sentiers, les couleurs, la fraîcheur de la mer, les matinées lézardées, les volets entrouverts, la peau de l'autre, les cris des femmes, le balcon qui surplombe le village, les citronniers, les baisers donnés, les terrasses escarpées, le vin, le train en retard, l'amour...
Rester un peu trop longtemps sous l'eau pour faire durer la réminiscence.

mercredi 8 décembre 2010

LA MORT D'UN SCARABEE

Il est des instants fondateurs que l'adolescence sublime. A l'été 1993, dans une maison au bord du Tarn, j'ai découvert un univers fabuleux. Sexe, Drogue et Rock'n'roll. Lors d'une soirée embrumée de Ganja, l'évidence m'a consternée. John Lennon est mort. Et jamais plus de Beatles, jamais plus de ritournelle engagée, jamais plus de Liverpool à New York. Epiphanie funeste, deuil décalé au monde. A 13 ans la chute est raide mais pas fatale. C'était sans compter sur le suicide de Kurt Cobain quelques mois plus tard. Dès lors, ma voie était pavée d'or, celui du silence entre deux riffs de guitare.

jeudi 4 novembre 2010

PUBLICITE MENSONGERE





Il y a sur nos écrans TV une réclame que je me dois de conspuer.
Elle débute pourtant merveilleusement : la vie d'un conducteur de 205 filmée en tranches de vie sous le même angle de prise de vue. C'est poétique, c'est jubilatoire, c'est ma vie avec Titine et Fabienne. Une vie de bonheur sur les routes à écouter Nostalgie pour se croire en vacances, à rallier dangeureusement Le Mans - Saint Michel sur Orge en 1h15 juste pour boire un verre plus tôt, à jouer à Tetris avec le coffre et les cartons lors de virées chez IKEA, à afficher un temps record de mise de chaînes sur les routes enneigées des Pyrénées...
Et Sac à papier ! Voyant une affiche pour une sombre M...E de 107 ou autre et vantant la mise au rebut rémunéré de sa meilleure amie, l'automobiliste décide de l'abandonner pour une autre.
Alors messieurs les annonceurs, mesdames les agences, je vous conchie ! Ce n'est pas avec quelques euros que vous me ferez balancer comme une vieille chaussette ma Fabienne. Je ne suis pas de celles qui quittent l'être aimé pour soi-disant "mieux". Parce qu'avec ma 205, c'est à la vie à la mort ! Et même si les mauvaises langues me diront que vu son état nous finirons ensemble au détour d'un virage de montagne, hé bien soit !

samedi 26 juin 2010

TOUT LE MONDE AIME RAYMOND


L'homme incompris, les larmes qui débordent au coin des yeux, l'humiliation de trop. Raymond le mal-aimé, mais pour moi Raymond le Magnifique.

dimanche 7 février 2010

JE SUIS TOMBEE EN AMOUR AVEC... N°3



... Jason Statham

HAAAAAAAAAAAAAAAAAAA... Jason Statham ! S'il y a bien un homme, un seul, qui me transforme en adolescente de 15 ans matant les garçons faire du sport dans la cour du lycée, c'est bien lui. Depuis Snatch : tu braques ou tu raques (si si ce titre est bien réel) vu au cinoche en 2000, il n'y a pas un navet d'action que je rate sur Canal + pour admirer le corps et... le corps de Jason Statham. Le dernier en diff est le Transporteur 3 dans lequel Jason se bat en enlevant ses vêtements ! Merci Luc d'écrire des scénarios avec baston strip tease ! Luc a aussi la délicatesse d'éluder la scène de sexe avec la pétasse rouquine pour préserver ma susceptibilité de spectatrice. Je n'ai pas d'explication à ce vice, les films sont pourris, le jeu de comédien monolithique, il y a juste cette aura érotique de l'Homme qui se suffit à elle même.
Jason, tu me fais regarder de la bonne merde cinématographique et je n'en éprouve aucune culpabilité, bien au contraire !

jeudi 17 septembre 2009

JE SUIS TOMBEE EN AMOUR AVEC... N°2


... Le Poulpe.

Pas l'animal dégueu. LE Poulpe.

Une collection de polars éditée par la Baleine (pas l'animal à fanons) depuis que Jean-Bernard Pouy a initié la série en 1995. Un héros: Gabriel Lecouvreur (c'est lui LE fameux Poulpe) témoin de son temps, enquêteur à ses heures perdues et libertaire. Un lieu : le Pied de Porc à la Sainte-Scolasse, rade où chaque histoire démarre via la lecture de la rubrique faits divers d'un canard et où elle s'achève. Une meuf : celle du Poulpe, Chéryl, la vraie blonde coiffeuse qui aime le rose sans être cruche. Un keuf : Vergeat des RG ami-ennemi du Poulpe qui déteste ses travers anar. Un livre : de philo souvent que le Poulpe lit. Une bière : à boire. Dans le pire PMU du patelin, c'est mieux. Un auteur : différent pour chaque roman. Un titre : jeu de mots à 2 Francs mais tellement drôle. Petite sélection parmi les plus de 260 titres:
Nazis dans le Métro
Un Travelo nommé Désir
Ouarzazate et Mourir
Lundi, c'est Sodomie
J'irais faire Kafka sur vos Tombes
Satanique ta Mère
Zombi la Mouche
Le Brie ne fait pas le Moine
Goulasch-moi les Baskets
Notre Père qui êtes Odieux
A l'Ombre des jeunes Flics en Pleurs

Un film de Guillaume Nicloux avec Jean Pierre Daroussin qu'il est bon de mater tard après une soirée. Ca aide à débourrer ou à dédéfoncer grâce aux répliques qui tuent, la B.O. électrique et Clotilde Courau à poil.

Des BD adaptées des romans éditées chez 6 Pieds sous Terre. Mais moi j'avoue que la BD c'est pas trop mon truc alors...

Le Poulpe c'est le héros que j'aime parce qu'il n'est pas super (héros s'entend). A la marge, il défend les petits (ceux de la France d'en bas), boit de la bière et est mal habillé. Il n'enquête ni à Rio ou à Bangkok mais à Landerneau, Dieppe ou Saint Dragon (Charente Maritime). Il n'aime pas les keufs et les keufs ne l'aiment pas. Il s'en prend plein la gueule mais se relève toujours amoché. Un héros populaire, qui fait partie du peuple, un peu comme nous tous finalement.

mardi 8 septembre 2009

JE SUIS TOMBEE EN AMOUR AVEC... N°1



... Dominique A (d'où le titre du blog tiens !)


Il s'agit d'un amour insensé qui prend aux tripes. Les chansons de Dominique A parlent de tout, elles parlent de rien, mais surtout elles me parlent. Aucune autre n'accompagne aussi bien mes pas jusqu'au métro, aucune autre ne détruit aussi bien un ennui de sofa, aucune autre ne rend aussi douce la caresse de mon chat Bruno, aucune autre n'a raison aussi bien de moi.