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dimanche 6 octobre 2019

14 JOURS



** Suite du précédent article **
À l'attention des malotrus, quels qu'ils soient (Dieu, le karma, les agents spéciaux de Tabac Info Service, un être qui me voulait trop de bien, mes prières...) qui ont assis à ma gauche ma première obsession au théâtre hier soir :
Il n'était pas très aimable de votre part de me faire un coup pareil ! (j'ai très envie d'utiliser de très gros mots pour que vous compreniez très bien la teneur de mon ressentiment envers vous)
Malgré le cataclysme que votre vil stratagème a suscité à l'intérieur de ma sensible personne, je vous clame : 14 JOURS. (Et je vous emmerde) 
Bisous
PS : Si vous voulez la guerre, je vous combattrais avec rage et application. Cela me divertira de mes obsessions. 

samedi 5 octobre 2019

13 JOURS




13 jours que j’ai arrêté de fumer. 13 jours à avoir en tâche de fond un retentissant «Putain je fumerais bien une clope.» 13 jours à osciller entre fierté et dissension. Une fierté médiocre : il suffit juste de ne pas faire des trucs comme entrer dans un bureau de tabac, taxer ses potes, retourner son appartement parce qu’il y a forcément un paquet oublié quelque part… Ne pas faire c’est assez facile. On ne s’arrête pas, on ne fait juste plus. Je n’ai pas réfléchi cette décision. Je ne me suis pas préparée. C’est arrivé un dimanche soir, en terrasse avec un ami cher, un moscow mule, des falafels et pas de cigarettes. «Vous vendez des cigarettes ? - Oui au bar – Combien ? - 12 euros.» C’est trop cher. Ma réserve de clopes duty free est à sec et non je n’ai pas envie de payer ce prix pour 20 tiges. Donc je ne fume pas ce soir. Et puis lundi arrive et je ne fais pas. Les jours passent et je ne fais pas. Cela fait 13 jours que je ne fais pas. J’y pense tout le temps mais je reste inactive. Pas de crise de manque de nicotine, pas d’insomnie, pas d’irritabilité. Mais j’y pense tout le temps. Comme à cet homme pour qui je n’ai pas arrêté de fumer. Des mois maintenant que je ne le vois plus et j’y pense tout le temps. Les obsessions se cumulent-elles ou se remplacent-elles ? Je vote pour l’option 2. Le tabac remplace le chagrin dans mon cerveau encombré, un soir de printemps j’allume une clope et je suis guérie. J’adore ce programme.
L’application Tabac Info Service me promet qu’en jour 2 mon sang a été nettoyé du monoxyde de carbone, qu’en jour 3 ma respiration s’est améliorée, qu’en jour 7 sont revenus mon goût et mon odorat et demain mon sommeil sera de meilleure qualité. À suivre une voix plus claire, un teint de porcelaine, et la timbale : dans 1 an moins 13 jours j’aurai le même risque d’AVC qu’un non-fumeur ! Waouh, c’est génial !!! Je n’ai pas arrêté de fumer après mon AVC, malgré les reproches, les intimidations, les regrets, les sommations, j’ai continué. J’ai même plus apprécié ces cigarettes interdites et controversées. Qu’ils aillent se faire foutre ces médecins, ces gens qui m’aiment, ces inconnus qui me veulent du bien. C’était ma rébellion, mon frisson, ma clope qui m’emplissait de poison – c’est écrit sur le paquet en très gros : FUMER TUE. Ce doux poison qui m'apaisait, m'excitait, me consolait, me faisait passer le temps, accompagnait si bien le vin blanc et la mélancolie. Quelque soient les substances addictives qui me l’on fait penser, éprouver. Et un dimanche soir, j'y renonce sans réelle motivation. 
"Ne vous sentez-vous pas fragile pour entreprendre cela ?"
Magnifique question d'une professionnelle du questionnement.
Ma réponse est oui (à laquelle j'ajoute un "connasse" non verbalisé.)

Demain ça fera 14 jours, ou peut-être pas. 


jeudi 27 juin 2019

BON ANNIVERSAIRE


Fin juin 2019, on nous annonce une canicule sans précédent. "Ce jeudi 27 sera la journée la plus chaude de la semaine." OK. Je pulvérise, je clos les volets, j'arpente des endroits frais - les allées réfrigérées d'un supermarché me font frissonner et pointer des tétons... pas glop les supermarchés. Pragmatique, je prends cette vague de chaleur comme un échauffement à mon prochain séjour au festival d'Avignon. Hop ! Robe, tongs, sac rempli d'un bottin et son de cigales dans les écouteurs, je marche mollement dans Paris - pour vrai on m'interdit de circuler à scooter à cause de la pollution - pour vrai vrai j'essaie d'oublier que c'est mon anniversaire en cette journée la plus chaude de la semaine. J'aimerais trouver ce "chaude" sexy. Je ne vois que sueur et odeur incommodantes. 
C'est plutôt bien mon anniversaire : plein de gens m'envoient des messages, m'appellent, pensent à moi parce que Facebook leur a dit que je prenais de l'âge. Je reçois des mails d'Yves Rocher, de Camaieu, de Mondial Tissus, de Monoprix... qui me proposent des réductions spéciales pour cette journée spéciale. Tout le monde est si gentil. Et moi j'ai 39 ans et je n'attends qu'un seul message. 
C'est plutôt pourri mon anniversaire : le chiffre a accru comme pour tamponner ce corps qui décroît. Je lis Beauté Fatale de Mona Chollet, j'ai arrêté les soutien-gorge et de me teindre les cheveux, je ne suis aucun régime et devrais m'en foutre de tout ça. Oui je devrais. Je vois surtout que les cheveux blancs colonisent, que j'ai envie qu'on me trouve jolie (et pas de me trouver jolie), que la moindre réflexion sur mon âge, mon poids, mes rides, mon corps, m'anéantit. Réflexion qui souvent vient de moi : je me regarde trop vieillir et cela m'anéantit. 

Le message est venu. Je ne sais pas quoi en faire. Vieille ne signifie pas sage.

dimanche 12 mai 2019

ADIEU MICHEL



La dernière fois que j'ai dit "Adieu Michel", c'était en 2003 quand ma chatte est morte. Oui elle s'appelait Michel.le. L'écriture inclusive n'existait pas et selon mon humeur l'animal était Michel ou Michelle. À l'époque je savais rire d'un rien. 
Adieu Michel donc. Aujourd'hui adressé à l'animal Houellebecq. Au sortir de son dernier roman Sérotonine je le quitte - c'est d'autant plus facile que Michel s'en fout. Entre nous ça faisait 20 ans quand même... Je ne sais pas si c'est moi qui ai changé ou lui ou les deux. Peut-être juste moi. Michel a toujours été assez dépressif et déprimant. Je n'ai rien contre la déprime (cf le titre du blog), surtout quand elle affecte les autres. Chez Houellebecq elle touche au sublime. À moi, personne n'avait dit le profond de l'homme comme lui. Si crûment. J'avais l'impression qu'il ne se foutait pas de ma gueule. Qu'il me révélait des vérités qu'on me cachait. À 18 ans je n'avais pas encore ouvert ma bibliothèque à Duras, Ernaux et Despentes... 
Et en plus l'auteur est drôle. Si, si, je vous assure. Parce qu'il se moque de lui-même et de ses congénères et ça pour une petite féministe comme moi, c'est sympathique. Pour preuve, cette citation qui de prime abord se veut anti-féminisme (et elle l'est), pour se révéler une critique acerbe du genre humain à pénis et du monde du travail. 
« Pour ma part j’ai toujours considéré les féministes comme d’aimables connes, inoffensives dans leur principe, malheureusement rendues dangereuses par leur désarmante absence de lucidité. Ainsi pouvait-on, dans les années 1970, les voir lutter pour la contraception, l’avortement, la liberté sexuelle etc., tout à fait comme si le « système patriarcal » était une invention des méchants mâles, alors que l’objectif historique des hommes était à l’évidence de baiser le maximum de nanas sans avoir à se mettre une famille sur le dos. Les pauvres poussaient même la naïveté jusqu’à s’imaginer que l’amour lesbien, condiment érotique apprécié par la quasi-totalité des hétérosexuels en activité, était une dangereuse remise en cause du pouvoir masculin. Elles manifestaient enfin, et c’était le plus triste, un incompréhensible appétit à l’égard du monde professionnel et de la vie de l’entreprise ; les hommes, qui savaient depuis longtemps à quoi s’en tenir sur la « liberté » et l’« épanouissement » offerts par le travail, ricanaient doucement. Trente ans après les débuts du féminisme « grand public », les résultats sont consternants. Non seulement les femmes sont massivement entrées dans le monde de l’entreprise, mais elles y accomplissent l’essentiel des tâches (tout individu ayant effectivement travaillé sait à quoi s’en tenir sur la question : les employés masculins sont bêtes, paresseux, querelleurs, indisciplinés, incapables en général de se mettre au service d’une tâche collective quelconque). Le marché du désir ayant considérablement étendu son empire, elles doivent parallèlement, et parfois pendant plusieurs dizaines d’années, se consacrer à l’entretien de leur “capital séduction”, dépensant une énergie et des sommes folles pour un résultat dans l’ensemble peu probant (les effets du vieillissement restant grosso modo inéluctables). N’ayant nullement renoncé à la maternité, elles doivent en dernier lieu élever seules le ou les enfants qu’elles ont réussi à arracher aux hommes ayant traversé leur existence – lesdits hommes les ayant entre-temps quittées pour une plus jeune ; encore bien heureuses lorsqu’elles réussissent à obtenir le versement de la pension alimentaire. En résumé, l’immense travail de domestication accompli par les femmes au cours des millénaires précédents afin de réprimer les penchants primitifs de l’homme (violence, baise, ivrognerie, jeu) et d’en faire une créature à peu près susceptible d’une vie sociale s’est trouvé réduit à néant en l’espace d’une génération. »
À l'époque je savais rire d'un rien. 
Alors s'il est si cool dans sa dépression et son humour, pourquoi le quitter ? Ses provocations ? Ses amitiés douteuses ? Sa légion d'honneur ? Non je me fous de tout ça. L'animal gère sa vie médiatique comme il veut tant que sa littérature m'atteint, me bouleverse, me dérange. Et depuis trois livres, elle m'ennuie. Il y a des fulgurances certes, mais trop peu. La première de Sérotonine est arrivée à la page 316. Sur 347... 
Alors voilà. C'est terminé Michel. Je continuerais malgré tout à dire du bien de toi, comme un ancien amoureux dont on ne peut pas médire car ce serait se médire aussi. 

lundi 6 novembre 2017

REVENIR D'UN VOYAGE D'AFFAIRES


Un voyage d'affaires dans une réserve sud africaine.
D'affaires, il n'y a que le nom pour le contrôle aux aéroports. De la mallette, j'avais un cahier oxford A4 et un bic 4 couleurs. Du costume trois pièces, des robes légères et des baskets poussiéreuses. De la rolex, un chronomètre orange à simple affichage.
Quelques jours à travailler loin de Paris, sous la chaleur du printemps austral, à parler anglais. Des fois. Un tournage telle une joyeuse colonie de vacances avec des inconnus, comme lorsque j'étais enfant. Il fallait découvrir le lieu, les gens, les codes. Les inconnus ont ceci de formidable qu'ils ne me connaissent pas. Ils ont donc la délicatesse de ne pas me demander des nouvelles de mon amoureux. Le seul sujet qui les intéressent - ils ont tous plus de 30 ans - ce sont les enfants. Combien garçon ou fille quel âge. POINT. Ils s'étendent après sur LEUR vie et cela distrait le chagrin. Le travail a lui aussi de l'obligeance. Il occupe et il harasse. Quand venait la nuit, je dormais. Aucune énergie pour la mélancolie. Se lever, travailler, manger, dormir. Une putain de thérapie.
Et puis il a fallu revenir.
Le chant des oiseaux est remplacé par le moteur des voitures, 30 degrés se sont enfuis de la soute de l'avion, les éléphants sont désormais des bus sans charme, les impalas des dames à talons bruyants sur le macadam des trottoirs gris, le 4X4 n'a plus que deux roues et sillonne le périph' en lieu et place de la savane. Le soleil est terne et ne passe plus par le nord. Les gens ont changé. Ils sont blafards et se cachent sous de multiples épaisseurs. Où sont passées les peaux nues et tannées ? Elles sont restées là-bas et moi je suis rentrée. Mon spleen correctement récupéré sur le carrousel n°8 du terminal 2 de l'aéroport CDG reprend le dessus, comme le froid emplit mes os.

vendredi 13 mai 2016

MAINTENANT, JE SAIS

Depuis un certain nombre d'années je me demande POURQUOI ça :


Cette abomination qui donne à la silhouette humaine celle de l'après-skieur perpétuel en alliant inélégance et démarche flasque. L'affaissement de la godasse entraîne quasi instantanément l'affaissement du corps lui-même. Le uggé, enfin la uggée, sombre dans une léthargie de plantigrade urbain. Les cerveaux embrumés par les écrans ont enfin trouvé chaussure à leur pied et la ville se romérise. J'ai presque peur d'être mordue au supermarché.
Qu'a-t-il bien pu se passer dans les esprits de mes congénères lors du choix et surtout de l'achat - putain ça coûte 150 balles !!! - de ces monstruosités ? Et pire encore, devant leur succès invraissemblable, dans ceux des acteurs de la copie et de la contrefaçon pour en produire des accessibles à toutes les bourses ?
Et puis je les ai vues. Ces mères à peine sorties du lit, non coiffées, les yeux collés de sommeil, un gros manteau pour couvrir leur pyjama et chaussées de UGG dans ce flot matinal où entre 8h35 et 8h45 toutes convergent avec leur progéniture vers un point précis : l'école. Toutes ont un pas rapide et tirent leur môme barbouillé de chocolat et les mains collantes de confiture. Avec les mêmes phrases entendues sur les trottoirs : "on se dépêche", "ferme ton manteau", "on est en retard", "tu t'es brossé les dents ?", "vite !", "t'as bien fini tes devoirs ?"... 
Je fais partie de cette migration quotidienne une semaine sur deux. En fonction de mon emploi du temps je suis toute pimpante prête à affronter ma journée de travail ou bien les jours chômés comme elles : en transit avant un retour dans mon lit. 
Alors oui, je comprends désormais POURQUOI. Parce que la UGG c'est ne pas sortir de son lit vraiment. Garder aux pieds la chaleur et le moelleux de sa couche. Rester somnolente du pied pour, une fois son devoir accompli, rêver une petite heure de plus.

vendredi 22 mai 2015

LA BOULE


Ne pas réussir à exterminer cette boule qui s'insère insidieusement dans sa poitrine. Parce que tout va bien. La sentir grandir sans crier gare. Parce que tout va bien. L'autoriser à saper une journée. Parce que tout va bien. Puis deux. Parce que tout va bien. Se laisser aller à la lassitude. Ecouter de la musique déprimante au travail. Ne trouver du goût à rien. Parce que tout ne va pas bien. Quoi ? Ne pas savoir. Pleurer pour dissoudre la boule. Parce que tout va bien.  Et repartir comme si de rien n'était.

jeudi 30 avril 2015

LES IMPÔTS



Devoir, parce que la vie n'est pas qu'une partie de plaisir, appeler le service des impôts. Retarder ce moment. Et puis stopper net sa procrastination. Composer le 08 10 46 76 87 et s'entendre dire par une voix de femme enregistrée - la même que Pole Emploi, du service clients de Véolia, du service réservation d'UGC, d'Air France... - que nous sommes en position 10. Position de quoi ? Ne pas chercher à savoir et puis se dire que le cynisme n'est pas de mise et attendre calmement son tour "entre 1 et 100 minutes". Passer en un cycle de répondeur de la position 10 à la position 2  et apprendre non sans jubilation que l'attente est ré-estimée "entre 1 et 2 minutes". Entendre une sonnerie, deux, trois et à la quatrième quelqu'un répond et demande en quoi il peut aider.

ÉTAPE 1 OK

Débuter sa longue explication en suivant son petit bout de papier soigneusement préparé pour ne rien oublier. Et là, entendre " Vous vous séparez ? Mais c'est pas bien ça ! Il n'y a pas moyen de se réconcilier quand même ?"

ÉTAPE 2 COMPROMISE

Perdre le fil de son petit papier et bafouiller : 
"Heu non pas vraiment... Je vous appelle pour...
- Et vous revoir pour manger un kébab ? Il n'y a vraiment plus d'espoir, c'est fini, fini ?"
Arrêter toute forme de pensée consciente quelques instants sur la possibilité de manger un kébab avec l'homme aux chaussures rouges et éclater d'un rire aussi pathétique qu'intérieur. Revenir au moment présent et faire un choix : ne pas dire ce que l'on pense de ces conneries, prendre sur soi parce que notre mission est simple : remplir cette saloperie de déclaration. L'éducation des connards ce sera pour demain... Reprendre donc :
"Oui oui c'est fini fini. Justement, comme je n'ai jamais rempli de déclaration seule, j'aimerais savoir comment ça se passe.
- Ha ben ça c'est bien les femmes ! Laisser ce genre de choses à l'homme et quand on doit s'en occuper y a plus personne !

ÉTAPE 2 SÉRIEUSEMENT COMPROMISE

Répliquer par un cinglant :
- Bon écoute espèce de sombre merde, quand on doit faire la lessive, la vaisselle, le ménage, aller chercher les mômes à l'école, leur acheter des vêtements, des chaussures, des fournitures scolaires, des cadeaux d'anniversaire, de Noël, la même pour les camarades d'école, faire le gâteau pour la kermesse, payer la cantine, le centre aéré, les cours de musique, la crèche, les cours de natation, le stage de voile, assister aux concerts de chorale, aux spectacles de fin d'année à l'école en faisant semblant d'aimer ça, s'assurer des paiements du gaz, de l'électricité, des charges de copro, de l'entretien de la chaudière, des multiples abonnements TV, internet, téléphone, booker la baby sitter, les vacances, faire des kilomètres en bus, trottinette, métro, voiture scooter et autres putain de milliards de choses en plus de bosser, je ne sais pas comment te dire résidu de balai à chiottes, que ça c'est bien les hommes mais il n'y a jamais personne. Alors tu fermes ton dégueuli à préjugés misogynes et tu réponds sans commentaire à mes questions comme c'est je crois ton travail."
Mais en fait non. Parce que malgré notre volonté à s'affirmer on reste coi devant autant de stupidité. Opposer la fin aux moyens et répondre: 
" Oui on peut dire ça... - s'en vouloir à mort de cette réponse.
- Alors on va faire en sorte de faire quelque chose pour vous."

ÉTAPE 2 EN COURS DE RÉTABLISSEMENT

Laisser le paon à l'autre bout du fil nous "sauver la vie" et recueillir les informations précieuses : son numéro fiscal, les éléments de la déclaration pré-remplie... Quand soudain :
" Ah parce qu'en plus vous avez 2 enfants ? Et vous les laissez comme ça ? Quel âge ?
- 4 et 10 ans.
- Ca c'est pas bien, pas bien du tout !"
Hurler en silence mais de tout son être : " DE QUEL DROIT TU ME JUGES ??? JE TE HAIS, LE MEC DES IMPÔTS ! JE TE HAIS TOI ET TOUS CEUX QUI SAVENT MIEUX QUE MOI COMMENT VIVRE MA VIE, ALORS TA GUEULE ! VAS-TU ENFIN FERMER TA GUEULE ?"
- Justement, au niveau des réductions d'impôts pour les frais de garde, je mets le montant dans quelle case ? Parce que je ne voudrais pas me tromper."
Continuer coûte que coûte au lieu de l'insulter. Surtout si proche du but.

ÉTAPE 2 PRESQUE ACHEVÉE 

Rester calme. Noter la fin des informations nécessaires. S'assurer que tout ce qui a été noté sur le bout de papier est rayé. Lancer l'impression des formulaires. Souffler.

ÉTAPE 2 OK

Dire merci - mais quelle conne !!!! Et pour terminer en beauté l'appel, ne rien dire d'autre qu'au revoir quand le connard a l'outrecuidance après ses propos de nous draguer sans vergogne. Se sentir limite minable après avoir raccroché. Ranger ses papiers et reprendre le cours de sa vie comme on l'entend.



lundi 13 avril 2015

MON EPARGNE SALARIALE



Recevoir un courrier de Natixis Interépargne informant que le montant net de sa participation 2014 s'élève à 428.34 euros. Penser "chouette, ça va payer mes vacances en Avignon". Vaguement se rappeler que dans sa grande opération "tri de sa paperasse, no more procrastination" on a vu un papier similaire. Le retrouver. Se dire que l'opération est un franc succès. Lire les papiers. Télécharger l'application mobile Mon Épargne Salariale comme conseillé sur le dernier courrier.  Se rendre compte que l'épargne 2013 a été investie par défaut dans "Avenir Monétaire" - le fond pépère : sans risque et aux gains ridicules - suite à l'oubli de répondre. Apprendre que nos 107.98 euros de la participation 2013 s'élèvent aujourd'hui à 108.01 euros. Considérer ironiquement que 3 centimes l'année est un putain de rendement. Etudier les différents fonds. Se sentir ouf' déglingo et transférer ses 108.01 euros du fond pépère au fond "Avenir Équilibre", le moyen risqué : on gagne moyen ou on perd moyen. Après quelques secondes d'excitation, revenir à ses moutons et chercher sa participation 2014 dans le menu de l'application. Avoir envie de placer la moitié dans le fond "Avenir Dynamique", le méga risqué. Ou pourquoi pas dans "Impact ISR Rendement Solidaire" histoire d'avoir bonne conscience. Se dire qu'ils sont forts chez Natixis : employer le mot solidaire alors que ce sont des acteurs de la spéculation financière qui ruinent le monde. S'appesantir quelques instants et appeler le 02 31 07 74 00, saisir son numéro d'entreprise et son code serveur, voyager dans les méandres d'une boîte vocale à choix multiples pour essayer de parler à un téléconseiller et ainsi savoir pourquoi la participation 2014 n'apparaît pas dans l'application mobile. Ne pas réussir car "tous nos téléconseillers sont actuellement en ligne, merci de renouveler votre appel". Raccrocher. Réfléchir encore à épargner ou non ses 428.34 euros. Perdre son précieux temps à hésiter entre équilibre, dynamique ou solidaire. Pas avec monétaire puisqu'on se sent aventureuse. Réaliser que de toute façon la manipulation est impossible. Remettre à plus tard. Etre persuadée que ses 428.34 euros seront versés sur le fond pépère pourri parce qu'on aura préféré vaquer plutôt que de s'occuper de ça. Pousser le vice à calculer qu'on gagnera autour de 12 centimes en un an. Soupirer et continuer à vivre.

mercredi 4 janvier 2012

LES JOINTURES DE BITUME



Avec Fernando, nous arpentons les routes, enfin les rues parisiennes. Nous nous aventurons quelques fois sur le périph' histoire de nous faire peur et de pousser à fond la machine. C'est notre frisson à nous. On essaie d'éviter les risques (voir post précédent) et les dangers de la route comme ces putes de flaques de gras. Mais la reine des putes pour une scoot' girl c'est la "jointure de bitume". Cet infime dénivelé entre deux "lés" de macadam, souvent camouflé par la signalisation au sol glissante, sonne le glas de la stabilité du deux roues. J'imagine ces fourbes de la DDE à la machine à café : 
"Tiens, comme on n'aime pas les motards et mobilettards parce qu'ils vont plus vite que nous dans les bouchons, on va les faire chier ! 
- Ah ouais trop bien, Robert ! De toute façon c'est tous des cons ! 
- On va faire les jointures de bitume pile entre deux voies, là où ils remontent les files ces cons ! 
- Ah ouais !!!! Ils vont se péter la gueule ! 
- Attends Robert, j'ai mieux ! On va inventer de la peinture blanche ultra glissante pour en rajouter ! 
- Bien joué Gégé !
- Merci...
- Non, non, tu mérites !
- Et si on faisait la signalisation jaune d'urgence encore plus casse gueule ?
- Mais ouais Chantale ! Pour une meuf, t'en as dans l'ciboulot !
- Allez les mecs ! On s'y met ! Ah, on va bien les niquer les casqués !"
Et je ne vous parle pas des plaques de métal qui piègent les rues en travaux...

mercredi 21 décembre 2011

RISKY BUSINESS


Prendre son scooter nommé Fernando alors qu'il pleut. Et bien sûr tomber comme une vieille merde sur une flaque d'essence à 150 m du lieu de destination.

vendredi 2 septembre 2011

SANS LENOIR, PLUS DE NUITS BLANCHES


Richard Lenoir part et me laisse orpheline de ses black sessions. La retraite à 60 ans oui, mais des fois NON...

jeudi 25 novembre 2010

JOURNEE DE LA JUPE


Lu sur lesnouvellesnews.fr ce joli poste d'Isabelle Germain :

"Débat sur I télé. Dans ces émissions de journalistes livrant du prêt-à-penser, il n’y a en général que des hommes. Sujet : la suppression de l’abattement d’impôts pour les employés de maison. Robert Ménard : « Les femmes de ménage qu’on emploie parce que nos épouses travaillent aussi et qu’elles n’ont pas envie de repasser. »… Et personne ne réagit sur le plateau. (voir ici)
Le bonhomme n’envisage pas que ses chemises puissent être repassées par une autre personne que son épouse ou sa femme de ménage…
(...)
Robert, les femmes, elles t’emmerdent."

Les femmes se battent au quotidien contre leurs hommes bien mal éduqués par une société qui les voient seules responsables du ménage sous toutes ses formes. Il est bien difficile de mener une guerre féministe lorsque son amoureux considère comme "normal" que ce soit vous qui gériez le planning des baby sitters, passiez l'aspirateur, changiez les draps, fassiez les courses et autres douceurs. Et le sentiment de culpabilité de gagner moins d'argent nous y aide : "il paie un peu plus les factures, je fais donc le ménage... pour compenser." Un deal tacite, accepté des deux parties. J'ai bien peur que ce soit perdu d'avance.
Alors oui moi aussi je t'emmerde Robert, mais j'emmerde surtout ces mères et ces pères d'aujourd'hui qui perpétuent dans l'éducation de leurs enfants cette différence sociétale entre filles et garçons, en connaissance de cause. J'espère ma fille que tu gagneras un salaire équivalent à celui d'un homme et toi mon fils tu trouveras normal de mettre la table après ta journée de boulot et de récurer les chiottes le week end.

mardi 14 septembre 2010

VERNIS A ONGLES


Curieuse de tout, elle s'amusait à calculer le prix au litre ou au kilo des choses. Elle était arriver à la conclusion que le secteur du vernis à ongles était plus que porteur : à partir de 500 euros de litre de vernis (et bien plus pour les produits star) il y avait de quoi réfléchir à deux fois quant à la beauté de ses ongles, mais plus du tout quant à l'origine de la fortune de Liliane.

lundi 13 septembre 2010

CLAUDE CHABROL


Au détour des titres du journal de la mi-journée, une annonce terrible : Claude Chabrol est mort. Les larmes roulent sur ses joues sans aucun contrôle. L'Homme aux Chaussures Rouges se moque. Tant pis.

C'est que le Chabrol lui avait donné quelques parties de plaisir. Il savait tomber les Masques des Folies Bourgeoises avec leurs Bonnes Femmes enfermées à Double Tour par des Liens du Sang troubles et emplis de Scandale. Au Coeur du Mensonge, son oeuvre cinématographique et gastronomique dépeignait l'Enfer de la Rupture pour nombre de monstres ordinaires : du Boucher à Landru, de Violette Nozière au Docteur M.

Il y a dans la mort des gens que l'on ne connaît pas et que l'on aime malgré tout, une affliction irraisonnée qu'elle pourrait nommer chagrin.

mercredi 28 juillet 2010

LEROY MERLIN POUR REUSSIR SA VIE


Depuis qu'elle avait fait rénover deux maisons, elle avait ses entrées chez messieurs Leroy et Merlin. Elle connaissait les allées comme sa poche, claquait la bise aux hommes aux chemises vertes et obtenait en un clin d'oeil une coupe en biais. Elle pouvait s'enorgueillir de cumuler millions de points sur sa carte maison, moultes avantages et ristournes à gogo...

Si elle avait percé les secrets du MDF, de la sous-couche, du parquet stratifié, du mat/satin/brillant, de la scie circulaire, égoïne et sauteuse, de la perceuse, de la ponceuse, de la défonceuse, du composteur... elle se refusait à franchir le point de non retour qui l'entraînerait dans un monde obscur. Jamais, non jamais plus on la verrait au bout d'un lotissement où le cerisier de derrière est abattu pour construire un pavillon identique, où les monospaces côtoient les petites citadines de Madame, où tous les dimanches matins les tondeuses à gazon s'adonnent à leur valse diabolique, où dès que sonne l'été les coffres de toit remplis ras la gueule font la route jusqu'au mobil home à 15 minutes de la mer...

Et pourtant, un samedi anodin elle commit l'irréparable : elle acquit chez Leroy Merlin un KARCHER (aussitôt prénommé Sharky...) - si pratique pour nettoyer les pavés de sa cour audonienne, décrasser un mur avant de le peindre et pourquoi pas... laver Fabienne. C'était sans doute le début de la fin, la chute inexorable vers le taille-haie électrique, le compresseur, le GPS, la friteuse, le pistolet à peinture, la scenic, le labrador, l'exil en zone 6...

vendredi 25 juin 2010

DESARROI


A quelques heures de ses 30 ans, elle faisait un bilan de sa vie. Incapable de se souvenir du nom de la rue de son premier appartement, son esprit divagait et fût vite accaparé par la déliquescence irréversible de son corps. Les jours à venir s'annonçaient douloureux.

vendredi 11 juin 2010

LE FOOT, M'EN FOUS...


Nous nous étions quittés fâchées, vraiment fort. Des coups, des larmes, de la déception. Et puis, te revoilà satanée Coupe du Monde de Football. Je te hais. Tu promets tant de joies, de célébrations et de ferveurs pour nous laisser tomber sur un coup de tête. La planète est suspendue à toi et tu sais en profiter, Garce que tu es ! Oubliées les difficultés de la société, en sursis le calendrier, chamboulés les programmes TV... Tu es la maîtresse du Monde, profite bien de ces quelques jours. Mais je dois bien t'avouer que tu ne m'attireras dans ton giron. Pas cette fois. Je boirais à ta santé si les Bleus te conquièrent et ce sera tout.

Si seulement tes quelques 500 millions de fanatiques se levaient pour une meilleure cause qu'un simple ballon...

vendredi 4 juin 2010

GUETTE-AU-TROU


Où qu'on réside, quelque soit notre habitation, qu'importe notre âge, notre sexe ou notre classe sociale, chacun dans son voisinage a sa guette-au-trou.

La guette-au-trou est une créature femelle d'un âge incertain dont la principale activité est de guetter à sa fenêtre. Elle peut s'accompagner d'un mâle, devenu guette-au-trou par assimiliation. Bien sûr, leur accointance est scellée dans le marbre par un mariage (le mâle quitte le repaire assez vite s'il n'y est pas captif). De jour comme de nuit, campée derrière ses voilages, elle épie. Tout, tout le monde, tout le temps. Quand elle sort de sa tanière pour son ravitaillement, elle rencontre les autres guettes-au-trou du quartier pour échanger les si précieuses informations recueillies durant sa garde. Pas trop longtemps ! Il faut vite retourner à son poste, il ne faudrait pas rater quelque chose de croustillant : un promeneur qui ne ramasse pas le caca du chien, une dame qui renverse son chariot de courses, des jeunes qui fument sous l'abribus... La cerise, c'est le petit couple du 46 qui se dispute, la délectation des larmes et des noms d'oiseau. Le pompon ce sont les travaux du 57 qu'on se fera un plaisir orgasmique de "vérifier" auprès de la mairie par téléphone et anonymement qu'ils ont bien été déclarés. Le Saint Graal est de prendre le risque ultime : sortir seule et déposer un petit mot "charmant" sur le pare brise d'une voiture mal garée ("Veuillez déplacer votre véhicule, la rue n'est pas un parking de supermarché. La prochaine fois, j'appelle la police"), une poubelle non rentrée ("Veuillez rentrer votre container, la rue n'est pas une décharge. La prochaine fois, j'appelle la police"), sur un enfant ("Veuillez élever correctement votre enfant, la rue n'est pas un lieu de débauche où l'on crie et s'amuse. La prochaine fois, j'appelle la police").

Il m'a été particulièrement agréable de retourner un de ces messages ajoutant cette mention : "Que votre vie soit sinistre, solitaire et revêche, soit ! Merci de ne pas en faire profiter les autres, surtout moi, qui aime rentrer tard, parler fort et claquer les portes." Depuis je n'ai plus de papillons malveillants mais un grand sourire depuis la fenêtre d'en face.

mardi 2 mars 2010

LA NOUVELLE STAR


Les castings de La Nouvelle Star, émission phare de M6 la petite chaîne qui monte, j'adore. Dans la même veine que les films de filles, c'est, je crois, assujetti à mon sexe qui faiblit aux conneries proposées par les mass-media. (oui, j'ai acheté le 1er album de Carla Bruni, à l'époque...)
Chaque année, je ris des kékés, des tasspé et des loosers qui défilent pour se faire incendier par leurs aînés. Parce que Lio et Manoukian, AU SECOURS !!! Heureusement que Attia s'est barré parce que celui-ci obtenait la palme du blaireau... Rendez-nous Marianne James !
Je sais que c'est nase et pourtant je regarde et j'apprécie.

Par bonheur, cette année, Dr House est diffusé sur TF1 le même soir. Je me vois donc obligée de ne pas regarder La Nouvelle Star. SAPERLIPOPETTE !